Archives mensuelles : octobre 2015

Billet du Blog Néocampagne.fr

Sur le plateau de Millevaches, quand on fait la fête, c’est politique (mais pas que)

Les 26 et 27 septembre, s’est tenue la 1e fête de la Montagne Limousine à Tarnac. Une fête pour permettre à tous les habitants de ce territoire rural hyperactif de se réunir, et d’affirmer leur autonomie…

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http://neocampagne.fr/2015/09/29/sur-le-plateau-de-millevaches-quand-on-fait-la-fete-cest-politique-mais-pas-que/

Article de La Montagne du 28-09-15

Vitalité, jeunesse et solidarité à la première fête de la montagne limousine de Tarnac

Corréziens, Creusois et Haut-viennois ont convergé ce week-end à Tarnac : la fête de la montagne limousine proposait un florilège de solutions pour bien vivre sur ces rudes collines.

Dommage qu’il n’y avait pas plus d’estivants pour voir ça : ils auraient sûrement adoré cette fête au village. Manquaient les autos tamponneuses, la barbe-à-papa et l’orphéon à la fête de la montagne limousine. Mais il y avait des agneaux et des veaux embrochés, des gaillards qui moissonnaient à la faucille, des bals sous les lampions. Là-haut, ils ne sont pas frileux : ils montent des scènes et des parquets dans des prés où la rosée te saisit jusqu’aux coudes. La journée, tout sèche : ce fut un week-end d’arrière-saison magnifique, dans le cirque boisé de Tarnac.

Est-ce qu’il y a un mot en occitan pour définir une manifestation qui tient de la foire-expo, du festival, du marché du terroir et du forum social ? Il y a un mot qu’on aime bien sur le plateau de Millevaches, c’est « autonomie ».

Le champion toutes catégories de l’autonomieQuand les esprits s’échauffent un peu, on y rêve de briser les chaînes qui relient ce territoire aux métropoles et aux baronnies du coin ( lire ci-dessous). Si ça coince au niveau politique, s’agissant de l’autosuffisance, ça avance. Tarnac a ainsi accueilli un champion toutes catégories du genre : Sander Hummelmann vit depuis huit ans sur une colline perdue près de La Courtine. Il a retrouvé le système du bélier hydraulique afin de faire remonter l’eau du ruisseau en contrebas. Savoir-faire qu’il partage volontiers, comme celui de la conception d’un vélo électrique (chargé avec des panneaux solaires), qui est son unique moyen de locomotion sur les routes du Plateau.

Samedi et dimanche, à Tarnac, on pouvait constater que ce territoire pouvait produire de quoi (bien) se nourrir, qu’il savait construire, réparer, recycler qu’il avait même des solutions pour… repousser le désert médical. Là où les gens du Plateau sont les plus forts, c’est tout de même pour enchanter la vie sociale. Un maillage de plus en plus serré de « bar-restaurants » et autres petits commerces plus ou moins conventionnels constitue un marqueur du regain de vitalité du territoire.

Les natifs et les néos s’y croisent : s’ils n’ont pas encore toujours les mêmes désirs, leurs estomacs et leurs gosiers ont les mêmes besoins.

Un panorama
de l’offre montagnarde
Une belle énergie se dégageait de cette première fête de Tarnac, qui offrait en somme un panorama, en formule concentrée, de l’effervescence qui règne dans les différentes communes du Plateau tout au long de l’année.

Dans les années soixante-dix, la montagne limousine organisait déjà des fêtes dans ce goût-là, ou précisément à la mode « Volèm viure al païs ». Le slogan a modérément porté. En quarante ans, beaucoup ont fichu le camp. Samedi et dimanche, toute cette jeunesse dans les rues de Tarnac, c’était impressionnant : comme quoi il ne faut jamais désespérer. Ce qui est frappant, c’est aussi le respect de ces nouveaux habitants du Plateau pour les savoir-faire des anciens et pour l’entraide ancestrale, propre aux économies sobres.

Julien Rapegno

voir en ligne:

http://www.lamontagne.fr/limousin/actualite/departement/correze/correze-local/2015/09/28/vitalite-jeunesse-et-solidarite-a-la-premiere-fete-de-la-montagne-limousine-de-tarnac_11601708.html

Une communauté de communes de la Montagne Limousine!

Ce texte est issu des débats menés le dimanche 27 septembre, lors de la Fête de la Montagne Limousine. Plus d’une centaine de personnes, élus et habitants ont alors débattu des effets de la réforme territoriale (Loi NOTRe) sur la Montagne et des manières de ne pas simplement les subir.

Les communes des trois départements de la Montagne Limousine, comme partout en France, se voient intimer l’ordre brusque de repenser, dans le cadre de la loi NOTRe, leurs intercommunalités. Celles-ci seraient trop petites, trop pauvres, trop coûteuses, trop, trop, trop… Les instances préfectorales et départementales « invitent » les communautés de communes à se regrouper et leur proposeraient de fusionner en calquant le mirage des métropoles sur notre territoire.

En Haute-Corrèze, les communautés de communes : Bugeat-Sornac Millevaches au Coeur, Ussel-Meymac Haute-Corrèze, Pays d’Eygurande, Egletons-Ventadour, Gorges de la Haute-Dordogne, Val et Plateau Bortois auxquelles serait ajoutée, la communauté des Sources de la Creuse (autour de La Courtine).

En Sud Creuse, le préfet a proposé la création d’une communauté de communes de 125 km de large, regroupant cinq intercommunalités, dont Creuse Grand Sud déjà fusionnée il y a à peine deux ans.

La loi NOTRe du 7 août 2015, promulguée dès le 8, prévoit que les préfets doivent arrêter avant le 31 mars 2016, un nouveau Schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI). Les préfets, à marche forcée, annoncent depuis le 14 septembre, sans véritable concertation, leurs propositions de réorganisation territoriales. Les élus n’ont que deux mois pour prendre position.

Aujourd’hui, avant que la Haute-Corrèze, le Sud Creuse et les communes limitrophes de la Haute-Vienne ne s’engagent dans des fusions qu’elles pourraient regretter ensuite, il est urgent de proposer une vision autre de l’aménagement du territoire:

Penser un espace de coopération intercommunal qui soit à échelle raisonnable et proportionnée à la taille des communes, dans lequel des communes n’auraient pas de prééminence excessive sur les autres.

Reprendre en compte la dimension interdépartementale qu’on dénigrait hier mais qui semble à nouveau possible aujourd’hui.

Relever le défi d’une intercommunalité rurale proche des habitants, innovante dans son fonctionnement, qui sache cultiver les liens avec sa population, la solidarité entre ses communes et la créativité dans les réponses à donner à son avenir.

La création d’une communauté de communes de la Montagne limousine est de ce point la bonne solution, la bonne dimension, la bonne réaction !

Autour des intercommunalités de Bugeat-Sornac, et de celle de Vézère-Monédières, il est possible de fédérer beaucoup de communes creusoises et Haut-Viennoises de la Montagne Limousine.

Ensemble nous pouvons dépasser le seuil de 5000 habitants qu’ impose la loi NOTRe en zone de montagne.

Ensemble nous pouvons redonner, au cœur du Parc naturel de Millevaches, une dynamique territoriale.

Ensemble, nous pouvons imposer la création d’une communauté de communes rurale de la Montagne limousine.

Partout, dès maintenant, organisons des assemblées et des débats, intervenons dans nos conseils municipaux pour faire partager cette exigence.