Archives mensuelles : juin 2017

CR du groupe Chabat’z d’Entrar

 

Plénière du 25 juin : En plus du présent groupe de travail , une réunion à déjà eu lieu depuis la dernière plénière afin de travailler plus précisément sur le thème de l’accueil sur le plateau, y ont été discuté des questions de fond et de forme. De ces deux réunions en sont ressorties les idées suivantes :

 

-L’espace serait pensé comme un lieu de convivialité, une sorte de salon extérieur avec canapés, tables basses ,vinyle café, panneaux, stands de nourriture tenus par les migrants et asso soutien aux migrants et espace documentation.

Il se veut lieu de rencontre, d’information et de débat, pas de conférence à proprement parlé mais plutôt des interventions de moyenne à courte durée qui amènent à discussion

Il sera à l’endroit où était la fontaine dans le parc (pas très éloigné du mur de la mort)

 

Pour la partie documentaire, nous souhaitons amener les nouveaux arrivants à se situer, cela à travers :

Un sous espace « Qui sommes nous ?» dans le quelles ils trouveront : cartographie, données statistiques, articles , études sur la question des nouveaux arrivants sur notre territoire (migrant ou non) 

Un petit guide de survie à l’usage des nouveaux arrivants sera édité spécialement pour la fête de la montagne, il référencerai des lieux, des associations, des réseaux qui les guideront vers une participation active à la vie sur le plateau . Il pourra être complété par d’éventuelles propositions faites durant la fête de la montagne.

 

Un sous espace « Vers ou allons nous ? » sera quand à lui consacré à présenter des initiatives de :

-nouveaux arrivants permettant de donner une constellation de possibles aux autres N.A mais aussi aux autochtones . Établir une relation de personne à personne avec des « personnes rescources » qui pourraient prêter attention aux NA ou à ceux qui semblent isolés (lors de rassemblements, réunions, fêtes etc…) car il est plus facile d aller vers un groupe ou une asso en y étant accompagné.

-associations plus ancrés qui ont la volonté d’accueillir et de partager leurs projets avec des nouveaux arrivants et qui informeront, via cet espace, sur leurs activités et les possibilités de les rejoindre

 

Ces questionnements sont aussi une passerelle vers un autre espace de la fête de la montagne, qui lui, donne une réponse commune à ces deux questions : « Nous sommes le territoire ! »

 

 

Pour ce qui est des interventions/discussions prévues dans au sein de Chabatz d’Entrar voici les thèmes proposés jusqu’ici :

-Bilan de Fil en Réseau sur leurs années de pratique associative tournée vers l’accueil de nouveaux arrivants

-Témoignages croisés de nouveaux arrivants et d’élus ( maire de faux par exemple ) sur l’accueil

-Comment décloisonner pour mieux accueillir ?

-L’accueil des migrants, l’affaire de tous !

-L’accueil des migrants dans le sens loger, donner de l’emploi : notions juridiques de base pour toute personne voulant accueillir.

-Et toi comment tu t’en sors ?(discussion autour de l’emploi et ses alternatives )

MarianneEvans  <mariannevans@hotmail.fr>

 

Pour que la Montagne marche de son propre pas…

Voilà maintenant des années que de « sauvegarde des traditions », en « accueil de nouvelles populations », sur « le Plateau » ou sur « la Montagne », selon qui veut bien les nommer, s’est tissé un imaginaire bigarré autour de ce territoire sans limites précises. On parle du « Plateau de Millevaches », de la « Montagne limousine », de certains de ses bourgs, de ses habitants, dans la France entière et même bien au-delà des frontières. Bastion de paysans rouges et d’antimilitaristes, terres de prédilection des Francs Tireurs et Partisans et du Colonel Guingouin, refuge de nombreux juifs et anti-fascistes espagnols en 39-45, des réfractaires à la guerre d’Algérie, écrin de l’ « étoile des Monédières », terre à moutons et à bruyères, paradis du broutard et du Douglas, pays d’accueil d’expériences de coopération sociale, de collectifs de vie, de « porteurs de projets » hors normes mai aussi de coureurs des bois et de chasseurs de truites entre autres « terroristes de proximité ».
Personne ne peut aujourd’hui dénier que ce territoire, par quelque angle qu’on le prenne, a son rythme et ses manières singulières, qu’il n’est le satellite de rien ni de personne, qu’il se fiche des « aires métropolitaines » chères aux aménageurs. Et que tout cela s’est fait en tricotant d’un côté à l’autre des « frontières » administratives départementales… en passant par les pistes…

Aujourd’hui encore, alors même que tout le monde ressasse jusqu’à la nausée l’ « attachement au territoire », les appellations d’origine, les « marques territoriales », on s’évertue à ne donner aucune forme de levier institutionnel à ce pays que l’on veut maintenir périphérique, marginal, dépendant de soit-disant « bassins de vie » qui n’en sont pas. On ne lui laisse aucune chance.
Qu’à cela ne tienne ! Ce qui s’est fait ici déjà s’est fait sans l’aide de personne, à nous aujourd’hui de penser les prochaines étapes. Les « Fêtes du Plateau » au Villard dans les années 1980 avaient un temps été le symbole d’un nouvel élan, elles ont eu et ont encore beaucoup de prolongations : communauté de communes du Plateau de Gentioux, Réseau d’acteurs de la Montagne Limousine, Télé Millevaches, IPNS, le PNR lui même à sa façon, différentes vagues d’installations nouvelles jusqu’à aujourd’hui, amenant chacune leurs propres textures, leurs propres couleurs que nous ne pouvons détailler ici.
La réforme territoriale et la Loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République) viennent de passer sur nos montagnes et nous voici rattachés à la Métropole de Bordeaux, dans un territoire qui va d’ici jusqu’au Pays Basque.
On brasse et re-brasse les compositions intercommunales pour obtenir le juste poids d’habitants au kilomètre carré. La logique comptable est à son comble. Les élus sortent les calculettes et scrutent les recompositions de la carte administrative et fiscale. On y va, on n’y va pas ? Et les ordures alors ? On va payer plus cher ?
Et si nous faisions un autre pari ? Que la morphologie de la Montagne, ses bourgs et ses villages épars, sa structure « urbaine » en constellations dénuées de centre soit une chance et non un handicap, que des petites communes rurales et des espaces de coopération intercommunaux de petite taille, sans hégémonie, soient de vrais espaces propices à la discussion, au débat, à la décision et donc à une action intelligente pour ce territoire et ses habitants. Tout aujourd’hui nous pousse, aux prétextes usurpés de la modernité et de l’ « ouverture », à nous détourner de ce chemin : la nouvelle structuration en « pays », la professionnalisation des communautés de communes que les futures fusions vont encore accentuer, la centralisation accrue des institutions, la reproduction des familles politiques installées que ces réformes renforcent encore… Plutôt que de laisser venir ces changements en spectateurs, saisissons l’occasion de discuter de ce que nous, ici, nous voulons.

Il y a de multiples façons de ne pas se laisser déprendre des questions qui façonnent la vie commune. Mettre ces questions au centre des places, réfléchir ensemble à la vie que nous voulons, à nos moyens d’agir, à comment accueillir de nouveaux habitants, sont les paris qui s’offrent à nous.
Depuis ce point tout est possible.

Clap’sabot, un habitant de la Montagne